LE VALAIS SOUTERRAIN DE LA DROITE CONSERVATRICE

Le TJ de 19 heures 30 des deux derniers jours a tenté d’informer le téléspectateur romand sur le bouleversement politique en Valais né du choix de Nicolas Voide d’accéder au Conseil d’État en prenant appui sur l’ennemi juré de son propre parti, l’UDC. 

 

Nicolas Voide explique qu’il n’y a absolument rien d’étrange dans sa décision de faire liste commune avec Oskar Freysinger. Il n’y aurait selon lui qu’une possibilité offerte aux Valaisans conservateurs de choisir entre l’aile droite et l’aile gauche de ce bon vieux parti dominant qu’est le PDC. 

 

Jean-René Fournier, qui n’a plus besoin de l’appareil du parti pour se faire élire et donc pour se servir, s’empresse de rejoindre la démarche de Nicolas Voide, qui se réjouit de ce soutien de poids. Avoir l’appui dans Le Temps, puis dans Le Nouvelliste, du parrain des parrains, quoi de mieux pour servir ses ambitions personnelles !

 

Serge Métrailler, le président du PDC du Valais, l’homme qui n’a rien vu venir de l’intérieur, qui travaillait main dans la main pendant des années avec son « ami » Voide, qui critiquait le travail de Oskar Freysinger à longueurs de semaines, parle non pas de coup de couteau dans le dos, mais de poignard dans le coeur. Comment cet ami fidèle, pense-t-il en son for intérieur, si proche de toutes les idées du parti, a-t-il osé cet acte de traîtrise absolue contre le PDC du Valais romand. Nicolas Voide connaissait pourtant toutes les règles internes qui étaient applicables à tous les candidats. Il a choisi de ne pas affronter Christophe Darbellay à l’intérieur du parti. Comment ose-t-il ensuite défier devant le peuple le PDC ! Quel crime de lèse-majesté ! Jean-René Fournier explique que cet acte est compréhensible dès l’instant où il y aurait eu tricherie devant le Congrès. Il s’empresse de ne rien dire sur la nature de cette tricherie, laissant le soin à chacun de résoudre l’énigme. On devine que la tricherie fut double aux yeux de l’ancien gouverneur de la part de Christophe Darbellay : avoir osé attaquer Maurice Tornay trois ans avant le Congrès et avoir tu des éléments personnels et intimes qui, s’ils étaient apparus au grand jour devant le Congrès, auraient pu empêcher la désignation de Darbellay comme candidat. 

 

On devine aussi derrière ce traquenard la volonté de s’opposer à la désignation au Conseil d’État de candidats trop à gauche. Pour ces gens de la droite clanique et conservatrice, c’est insupportable que le centre-gauche puisse pendant plusieurs législatures dominer à l’exécutif, avec la présence potentielle simultanée à la Planta de Darbellay, de Schmid et de Esther (ou de Rossini). Le canton est de droite, pourquoi devrait-on s’agenouiller devant des hommes qu’ils considèrent appartenir au progressisme de gauche du PDC ? Voide, Fournier et leurs copains ne l’entendent pas de cette oreille, c’est la raison pour laquelle ils veulent offrir une alternative crédible pour conserver la majorité de droite ? Et ils s’allient avec celui-là même qui a soutenu quatre ans durant Maurice Tornay et lui a permis de résister à toutes les attaques qui l’ont visé, notamment dans les affaires du RSV et de Dominique Giroud. Une telle fidélité méritait bien une entorse au processus statutaire du PDC, non ?

 

Christophe Darbellay peut aujourd’hui se placer en défenseur de l’appareil PDC qu’il n’a pas trahi, puisqu’il s’est confirmé à toutes les règles statutaires fixées par le comité central du PDC VR. Le vilain petit canard et le mauvais perdant s’appelle Nicolas Voide contre lequel il faudra se mobiliser pour préserver l’unité cantonale, celle voulue par le PDC mastodonte. Les grandes manoeuvres souterraines peuvent commencer.

 

Cette histoire de trahison politique est la démonstration en cinécolor que le PDC n’est qu’un conglomérat de répartition des clefs du pouvoir. Lorsque les clefs sont prêtes à être confiées aux « ennemis internes » et que l’on a soi-même plus rien à obtenir de ce groupe de dominants (n’est-ce pas, Monsieur Fournier !), on fait son coming out d’Éconard meurtri, et on s’organise pour que les mauvais chrétiens, ces catholiques adultérins ou trop peu pratiquants, ne puissent recevoir dans l’urne les forces vives de la droite extrémiste du PDC nouveau. 

 

Le schisme politique est consommé : Nicolas Voide, Jean-René Fournier et leurs acolytes tapis dans les recoins de sombres carnotzets peuvent poursuivre leur route et adhérer à l’UDC, où ils seront accueillis avec des poignées de mains vigoureuses par leurs amis de toujours, Jérôme Desmeules, Jean-Luc Addor, Dominique Giroud, Jean-Marie Cleusix, Franz Ruppen et …, on n’ose pas trop de le dire, Maurice Tornay. 

 

Serge Métrailler peut songer à une fusion des forces de droite. Le Valais est prêt à être sauvé. 

 

Bonjour à toutes les forces réactionnaires et souterraines !

 

rosu says : 

Bravo pour cette « excellente » analyse !
Moi, le roumain, qui ai connu les affres de la mise en application du progressisme, je salue cette franchise des destructeurs des valeurs. Cette philosophie du soupçon (pour les plus prolétaires des intellectuels : http://la-philosophie.com/philosophie-du-soupçon), qui revendique ouvertement la volonté de destruction des valeurs occidentales et qui sert de programme idéologique à tous les progressistes et leurs structures de combat, moi et d’autres, nous voulons la démasquer et la contredire sur le terrain politique ! « Démocrates » de tous les pays, au nom de quoi, vous vous opposez à l’expression de nos idées. Serions-nous les ennemis du peuple ? Mais non, voyons, vous êtes juste des populistes, des réactionnaires, de la m… passéiste, entendons-nous clamer la chorale anti-gospel des garde-chiourmes qui fouette avec application les consciences en quête de libération, menées sur le chemin de l’Avenir Radieux.
Continuez, les braves socialisto-comunisto-maoisto-trots…kystes (dans la chair de la Vérité), votre révolution est permanente, l’application de vos idées mortifères est encore d’actualité, mais elle gagne en subtilité, car le chaos programmé est tout proche (on finance une armée d’extrémistes musulmans et au nom de la solidarité, de l’accueil de l’étranger, de la défense de la veuve et de l’orphelin nous, les chrétiens occidentaux, nous devrions leur ouvrir la porte de nos maisons, comme au … pauvre petit Jésus ; vous ne manquez assurément pas de perversité, vous ou vos Maîtres). Mais après le Grand Chaos, toujours vous, vous allez nous distiller la vérité de la responsabilité des Religions (pour imposer la vôtre), comme vous avez fait avant-hier avec la Monarchie et l’idée de l’Autorité (coupons les têtes : celle de la Nation, celle de l’Eglise, celle de la Famille) et hier avec le Patriotisme et le Nationalisme (exit la Patrie, la Nation, la Famille).
 

Nietzsche

    rosu says:

La philosophie du soupçon
Qu’est-ce que la philosophie du soupçon ?
On associe au terme de soupçon trois philosophes en règle générale :
Nietzsche : Nietzsche a tenté de lever le voile sur les illusions du christianisme, d’annoncer la mort de Dieu et de prédire l’arrivée du Surhomme. Le soupçon de Nietzsche concerne les croyances de l’homme.
Marx : Marx, de son côté, a essayé de mettre le soupçon sur le fonctionnement de la société, en dénonçant la domination bourgeoise sur la société, aux dépens des classes exploitées et travailleuses. Il a pensé la lutte des classes. Le soupçon de Marx est social.
Freud : Freud, lui, a détruit le sujet tel qu’on l’entendait chez Kant. L’homme n’est plus transparent pour lui-même, puisque c’est l’inconscient qui mène le navire de la conscience. Le soupçon de Freud et sa théorie du ça, du moi et du surmoi porte sur la conscience et sa place au sein du sujet.
A eux trois, ils ont bouleversé le champ social, religieux et métaphysique. Ils partagent donc le même esprit soupçonneux.