LE MAGICIEN DE L’ELECTRONIQUE

(PAR VINGTRAS)

 

Grâce à Mireille Dumas et à Philippe Rouget, France 3 nous a offert hier soir un magnifique cadeau : sous le titre plutôt racoleur "Les trésors cachés des variétés", la télévision de service public a rendu hommage à l'un de ses pionniers les plus remarquables, Jean-Christophe Averty...

Mais d'emblée, il faut bien reconnaître qu'il s'agit là d'un cadeau empoisonné car cet ouragan d'imagination, de poèsie, de beauté et de créativité, ringardise la quasi-totalité des programmes que l'on peut trouver sur le petit écran !

En effet, donner à voir aujourd'hui un échantillon des séquences de variétés extraites de l'oeuvre monumentale de Jean-Christophe Averty, c'est comme si la Cinémathèque se limitait à montrer "le voyage dans la Lune" de Georges Méliès afin de rendre hommage à son oeuvre novatrice.

Car au-delà du scandale des Raisins verts, ce sont des dizaines d'heures signées Averty qui s'en prennent à la télévision parce qu'elles en manifestent toutes les possibilités. Elles montrent au téléspectateur la fête visuelle dont il est privé. De l'imagination à l'état pur. C'est là sans doute qu'opère leur provocation la plus radicale : révéler par contraste le conformisme (la nullité ?) de la quasi-totalité des programmes dits de variétés.

Je n'écris pas cela parce que je suis l'ami de Jean-Christophe, mais parce que je le considère comme étant l'un des artistes les plus extraordinaires de notre temps, ce nantais fils d'un quincailler, qui a su maîtriser l'écriture électronique pour faire valoir ses dons de designer, de metteur en scène et de poète subversif en inventant un huitième art.

Les extraits de son oeuvre qui composaient ces deux heures de programme exceptionnel nous ont offert un formidable florilège de la chanson française - de Johnny Halliday à Serge Gainsbourg - qui est le grand souffle tonique des "trente glorieuses".

L'émission était ponctué de déclarations du réalisateur, prises dans les archives ; il n'y manquait que ce qu'il avait eu le culot de dire en ma présence à l'un des grands responsables des programmes :

"Les producteurs qui flattent le public sont ceux qui le méprisent le plus. Les grosses émissions dites populaires sont une véritable insulte pour les gens auxquels elles s'adressent."

Surréaliste et pataphysicien, Jean-Christophe Averty est un magicien. Il a été toléré comme l'ont été les bouffons dans la proximité des monarques...

Il justifie parfaitement le dernier vers de "Zone" de Guillaume Apollinaire :

"Soleil cou coupé !"

1 652 000 téléspectateurs ont regardé l'émission, soit 7,1% de l'audience nationale, en 4e position après F2, TF1 et M6

 
  1. Cerutti says:

    En tant que pataphysicien, j’ai toujours adoré les adaptations de Jarry par Averty… Lui rendre hommage était la moindre...

  2. rosu says:

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    Oh, mon Dieu, il s’est trumpé de nouveau (quel pléonasme !), le pauvre Cerutti 1963. Vous vouliez dire : « En tant que … péripatéticienne de l’information, j’ai … ». Ne soyez pas modeste ! Assumer son adhésion à la doctrine péripatéticienne est de tous les points de vue supérieur, car plus généraliste que la « pseudoscience du particulier » !  Donc vous voyez, mon pauvre Cerutti 1963, l’humilité mal placée peut être mise en échec même par le plus absolu des péchés, l’orgueil. C’est justement, l’orgueil qui m’autorise moi, à me croire trop intelligent pour descendre du singe, au contraire de votre fausse humilité qui vous oblige, en ce qui concerne votre origine, de penser le contraire. Mais en définitif c’est votre affaire, jusqu’au jour où on va se croiser dans la rue… Pauvre Cerutti 1963 !

    La caverne d'Ali Plat on Cerutti 1963

    Cerutti says:

    L’âge des cavernes, nous le vivons maintenant. Ce n’est même plus l’âge du faire! Je place ma confiance en une société qui confie réellement le pouvoir à ses citoyens. Mais il faudra encore attendre car l’individu pense encore qu’il peut déléguer sa confiance…

    • rosu says:

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      La sensibilité pathologiquement exacerbée vous empêche de quitter la grotte, la vôtre. Gare à la lumière, si vous arrivez quand même à vous mettre debout ! Mais arrêtez de généraliser, vous êtes tellement instable que vous tombez à chaque souffle de vérité dans l’extrême sociopathie. Je vous ai donné un conseil dans ma dernière intervention, mais l’utilisation du jugement réfléchissant doit vous amener vers la finalité naturelle, c’est Kant qui le dit, et même s’il reste assez subjectif il constitue la prémisse de la transcendentalité. Il y a un élément très simple à comprendre dans l’orientation ontologique, vous ne pouvez pas traiter objectivement une phénoménologie sans l’avoir expérimentée, car sinon vous tombez dans la sublimation de soi freudienne ! Votre situation me rappelle une formule lacanienne (je ne sais pas pourquoi en pensant à vous il n’y a que la psychanalyse qui m’inspire !) : « Il y a identité entre le façonnement du signifiant et l’introduction dans le réel d’une béance, d’un trou. », présentée dans l’éthique de la psychanalyse, et cette condamnation vous suivra mon pauvre Cerutti 1963, jusqu’à la fin ! Car il y a un aspect positif, celui de la sublimation, qui vous permet par une maïeutique au forceps de métaphoriser artificiellement votre écriture, mais qui en même temps vous condamne à l’horizontale perpétuité au fond de votre grotte ! Pauvre Cerutti 1963 ! Maintenant pour alléger les perceptions et amuser un peu la galerie, dites-nous du fond de votre grotte comment voulez-vous nommer la société des ombres qui vous hantent ? Communisme, peut-être ?