Conférence de Munich, ça recommence !

Conférence de Munich: Lavrov prône un ordre mondial «post-occidental»

mediaLe ministre russe des Affaires étrangères a appelé à la mise en place d'un «ordre mondial démocratique et juste», lors de la Conférence sur la sécurité à Munich, le 18 février 2017.REUTERS/Michaela Rehle

La Russie a prôné un ordre mondial « post-occidental », ce samedi 18 février, lors de la Conférence sur la sécurité à Munich. Plus tôt dans la journée, les Etats-Unis ont réaffirmé leur alliance à une Europe déstabilisée par l'arrivée de Donald Trump.

S'exprimant à la Conférence pour la sécurité de Munich qui réunit un parterre de dirigeants étrangers dont le vice-président américain Mike Pence, Sergueï Lavrov a annoncé la fin de « l'ordre mondial libéral » conçu selon lui par « une élite d'Etats » occidentaux à visées dominatrices.

« Les dirigeants responsables doivent faire un choix. J'espère que ce choix sera celui d'un ordre mondial démocratique et juste. Si vous voulez, appelez le "post-west" », a ajouté l'homme de confiance de Vladimir Poutine, qualifiant au passage l'Otan de « vestige de la Guerre froide ».

 

On était dans un monde d'illusions depuis 1989, qui avait marqué l'hégémonie du modèle occidental et tout particulièrement des Etats-Unis...
Réaction de Bertrand Badie, professeur de relations internationales à Sciences Po, Paris.19/02/2017 - par Stefanie SchülerÉcouter

 

Son discours intervenait quelques heures après la première allocution internationale du vice-président américain Mike Pence, qui a, lui, réaffirmé la validité de l'alliance transatlantique.

« Respect mutuel »

Dans le climat d'incertitude qui entoure l'ordre international et particulièrement l'avenir des relations russo-américaines sous Donald Trump, le ministre russe des Affaires étrangères a proposé à Washington des « relations pragmatiques de respect mutuel ».

« Le potentiel de coopération dans les domaines politique, économique, humanitaire est énorme, mais il doit encore être réalisé, nous y sommes ouverts dans la mesure où les Etats-Unis le sont », a ajouté Sergueï Lavrov.

Dans son discours samedi matin, le vice-président américain a pour sa part évoqué très brièvement la relation russo-américaine, avant tout pour rassurer les Européens. « Sachez que les Etats-Unis continueront de demander des comptes à la Russie, même si nous cherchons des terrains d'entente, a déclaré Mike Pence. Comme vous le savez, le président Trump pense que c'est possible. »

 

Nous ne sommes pas du tout d'accord avec ceux qui accusent la Russie et d’autres pays influents de tentative de détruire le soi-disant «ordre mondial libéral». La crise de ce modèle était programmée déjà à l’époque où le concept de mondialisation politique et économique a été conçu comme un instrument de croissance pour le club fermé auquel appartenaient certains Etats pour dominer tous les autres. Objectivement, la stabilité d’un tel système ne peut pas être éternelle. Les dirigeants responsables doivent faire un choix. J'espère que ce choix sera celui d'un ordre mondial démocratique et juste. Si vous voulez, appelez le «post-west». Il apparaitra quand chaque pays, s’appuyant sur sa souveraineté dans le cadre du droit international, cherchera l'équilibre entre ses intérêts et ceux de ses partenaires, en respectant l’identité culturelle, historique et civilisationnelle de chaque Etat.
Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères18/02/2017 - par RFI