Publié par Magali Marc le 23 février 2017
 
REUTERS/Jonathan Ernst

Les médias et les démocrates gauchistes n’arrêtent pas d’accuser Trump de mentir et de raconter n’importe quoi.

Pourtant, affichant leur ignorance totale du système politique américain, certains gauchistes bien connus se bercent de douces illusions quant aux possibilités de destituer Trump au plus vite pour le remplacer par leur favorite, Hillary Clinton.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit ce texte de Karol Markowicz publié dans le New York Post du 19 février dernier.

«La semaine dernière, Sally Kohn, une personnalité de la télévision par câble, a tweeté ce qu’elle appelait un plan “direct” pour éjecter Donald Trump et installer Hillary Clinton à la présidence :

  1. Destitution de Trump/Pence ;
  2. Crise constitutionnelle ;
  3. Organisation d’une élection spéciale ;
  4. Paul Ryan contre Hillary Clinton ;
  5. Résultat : Présidence Clinton.

Toute personne ayant une connaissance de niveau secondaire de la chaîne de commandement présidentielle devrait savoir que le fait de destituer Trump et son vice-président ne conduirait ni à une “crise constitutionnelle” ni à une “élection spéciale”.

Dans ce cas de figure, ce serait plutôt : ne repassez pas par la case départ, ne touchez pas 200 dollars, et Paul Ryan accéderait à la présidence. Hillary Clinton serait la bienvenue pour ce qui est de se présenter contre Ryan aux prochaines élections présidentielles dans 4 ans.

Kohn est loin d’être seule à mettre en lumière son ignorance crasse du processus politique. Notre soi-disant “élite” semble avoir désespérément besoin d’un cours de civisme de rattrapage.

Nombreux sont les démocrates qui s’exhibent sur Twitter, implorant leurs représentants élus de bloquer les candidatures de Trump.

L’acteur George Takei, qui est devenu un éminent militant gauchiste, a tweeté, “Chers démocrates : Il vaut mieux être prêt à bloquer les gens comme Mattis, Flynn et Sessions. Nous comptons sur vous pour rester fermement sur vos positions.”

Takei ne doit pas savoir que l’ancien leader de la majorité au Sénat, Harry Reid, a démoli le “filibuster” (blocage du vote) pour la plupart des candidats en nomination du président.

Imaginant que les démocrates ne sortiraient plus jamais de la Maison-Blanche, Reid a supprimé la règle qui exigeait 60 votes pour les nominations de juges fédéraux et pour celles au bureau de l’exécutif.

Lundi dernier, alors que le conseiller à la Sécurité nationale Michael Flynn présentait sa démission, l’arrogance des gauchistes a atteint un niveau inquiétant– mais aussi involontairement humoristique. Tenant un premier scalp de l’Administration Trump dans leurs mains, beaucoup étaient impatients de lier autant de républicains que possible à l’effondrement de Flynn.

L’actrice Justine Bateman a tweeté que “Tous les sénateurs républicains qui ont confirmé Flynn doivent se sentir très à l’aise en ce moment. Excellent travail, sénateurs !”

Le romancier et professeur Mark Sarvas a tweeté : “Faisons une pause pour considérer les sénateurs du GOP complètement amoraux qui ont confirmé Flynn. Aller voir la définition de ‘conseiller’ quand vous aurez une seconde.”

Bien envoyé les gars ! Sauf, bien sûr, que la position de Flynn n’a pas nécessité la confirmation du Sénat !

Après la démission de Flynn, Michael Moore a utilisé Facebook pour accuser le président Trump d’avoir d’une façon ou d’une autre truqué l’élection avec l’aide des Russes et a exigé que Trump et Pence démissionnent.

Se précipitant dans le même piège d’une “Présidence Ryan” que Kohn, Moore a ensuite exigé que “la Cour” (il voulait probablement dire la Cour suprême des États-Unis) “statue à l’effet que le président doit remporter le vote populaire OU l’élection doit être recommencée”.

Même si les accusations bizarres de Moore étaient vraies, il n’y a pas de “renversement” des élections présidentielles américaines (ce n’est pas la balle au prisonnier comme à la récréation), et il n’existe pas de vote populaire national.

Bien sûr, tout le monde peut se tromper.

Le plus gros problème avec ce manque généralisé de connaissance est que cela mène à des considérations préoccupantes. Kohn est-elle vraiment blasée concernant une possible “crise constitutionnelle” ? Moore ne se soucie-t-il vraiment pas du fait que notre système politique tout entier serait en danger si “la Cour” faisait ce qu’il demande ?

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Les gens sont-ils vraiment prêts à rejeter le processus démocratique américain parce qu’un candidat qu’ils n’aiment pas a gagné une élection ?

Je n’ai pas voté pour Trump, mais mise à part cette inquiétude à l’effet que Trump va détruire l’Amérique, le manque de foi et le manque de soutien envers notre système démocratique pourtant très bien conçu est ce qui m’inquiète le plus.

Grâce à la séparation des pouvoirs, Trump ne peut pas faire n’importe quoi (Salutations à ma prof de deuxième année, Mme Benson).

Lorsque la comédienne Sarah Silverman imagine sur Twitter, qu’“UNE FOIS QUE L’ARMÉE SERA AVEC NOUS, LES FASCISTES SERONT RENVERSÉS. LE ROI FOU ET SES CONSEILLERS PARTIRONT”, comprend-elle qu’elle en appelle à un coup d’État militaire de style république bananière dans une démocratie constitutionnelle ?

Écrivant dans le New York Magazine la semaine dernière, le toujours excitant Andrew Sullivan a noté que nous sommes “moins libres” parce que Trump est devenu une telle obsession pour beaucoup de gens. Mais peut-être que Trump ne devrait pas être une obsession– vous devriez vous sentir libre de vous reposer de la politique. En fait, une grande partie du pays le fait.

Il est facile pour les journalistes politiques de tomber dans le travers qui consiste à supposer que tout le monde est aussi tétanisé qu’eux par chaque mot prononcé par le président.

Pourtant, vous ne devriez pas ignorer complètement les nouvelles directions politiques. Vous remarquerez un rebond dans votre foi en l’Amérique si vous considérez à combien de difficultés nous avons survécu.

Et puis vous pourriez espérer avoir l’occasion de donner quelques leçons d’histoire à Sally Kohn et à ses copains… !

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