PUBLIÉ PAR GILLES WILLIAM GOLDNADEL LE 27 FÉVRIER 2017
 

La cérémonie des César fait toujours chavirer mon petit cœur sensible.

Tous ces gens si gentils qui s’embrassent et qui s’aiment sans jamais se jalouser. Tous ces artistes généreux qui donneraient leur chemise à jabot pour tous les malheureux. Sans parler de leur refus courageux de tout conformisme confortable.

Voyez leur discours contre Trump, on se serait cru à Hollywood. Bon évidemment, ne soyons pas trop regardant. Un artiste est un être humain. Pendant l’occupation, il fallait bien vivre. En France, quand les intellectuels communistes faisaient la pluie et le beau temps, il n’aurait pas fait Beauvoir de ne pas penser comme Sartre, alors qu’à Los Angeles, même les plus progressistes se bousculaient pour aller dénoncer leurs amis chez M. McCarthy. Il faut bien vivre.

Mais cela n’a plus une grande importance.

Car les gens ont compris ce qu’était le cinéma et la comédie. On ne la leur fait plus, aux gens, le coup du faux gentil.

Regardez François Cluzet, il est venu tout encoléré faire son numéro contre les policiers qui trouvent “convenable” l’expression “bamboula”. Ils ont compris les gens, derrière la télé, que Cluzet enfonçait une porte qui avait été ouverte dans la semaine des milliers de fois avant lui. Et que la sortie si stupide d’un syndicaliste policier n’impliquait pas l’ensemble de son corps.

Dans l’absolu, il aurait été autrement plus couillu et utile de moquer cette sociologue citée par le CCIF au procès Bensoussan et qui, sous serment, a expliqué aux juges que l’expression “faire son juif” utilisée fréquemment dans les banlieues n’avait rien d’antisémite…
Aucun danger, pas question pour les artistes ou les journalistes qui partagent la même idéologie de désespérer Trappes et Saint-Denis.

De la même manière qu’il n’était pas question de chercher des poux racistes, sexistes ou antisémites sur la tête auréolée parce que basanée de Mehdi Meklat, il n’était pas question d’être trop regardant envers la réalisatrice couronnée de Divines, Houda Benyamina. Celle qui se présente dans la presse comme une combattante appréciant Malcolm X et Tarik Ramadan avait posté le 15 novembre 2015 sur son site Facebook un délicat dessin où l’on pouvait voir la marionnette d’un combattant de Daech, le couteau encore ensanglanté, dont les ficelles étaient tirées par un américain et un juif courageusement embusqués derrière un mur…

Quant à son amie, Oulaya Amamra, actrice dans le film primé et qui s’est vu décernée le prix du meilleur espoir féminin, quand elle ne poste pas une quenelle, elle est l’auteur de délicats gazouillis sur Twitter, telles que “c’est bien du rap de sale naigre” (sic).

Quelle se rassure, Oulaya, le CRAN ne lui en demandera pas raison, il a bien trop à faire à poursuivre le fantôme de l’auteur couleur belge de Tintin au Congo.

Pas davantage l’idéologie journalistique ne demandera à Houda et à Oulaya de rendre compte.

Mais ici encore, cela à présent a moins d’importance. Il y a, pour les gens d’en bas, le monde d’en bas. La fameuse fâcheuse sphère. Sans elle, les immondices de Mehdi, d’Houda et de Oulaya auraient connu un enterrement de première classe.

Désolé, les artistes et les faux journalistes, mais ce monde underground est à présent en surface.

Et tous les Deconnex du Monde ne peuvent l’empêcher de révéler ce qu’ils ont voulu ne pas voir ou cacher.

Alors quand, dans un jour ou un mois, les gens à paillettes ou à micro balayeur voudront faire la peau d’un pauvre qui n’aura pas le type pour avoir critiqué l’islamisme ou les migrations illégales, au nom d’un racisme cette fois imaginaire, n’hésitez pas à leur dire “Allez voir Mehdi si j’y suis !”

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel. Publié avec l’aimable autorisation de Valeurs actuelles.

Goldnadel : Emmanuel « Macreux », quand le manque de consistance devient une qualité

  • Par Gilles William Goldnadel
  •  
  • Publié le 03/04/2017 à 14:23
Goldnadel : Emmanuel « Macreux », quand le manque de consistance devient une qualité

 

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FIGAROVOX/CHRONIQUE- Pour Gilles-William Goldnadel, Emmanuel Macron est le «parfait candidat médiatique», et représente «la victoire du virtuel sur le réel».


Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.


Par un cruel paradoxe, au fur et à mesure que la société du virtuel confère au verbe un pouvoir réel autant qu'éphémère, le culte de la parole donnée se dissout dans l'éther.

Le public échaudé pardonne d'autant plus vite à son personnel politique ses reniements qu'il ne croit plus au châtiment immanent du manquement au serment.

Manuel Valls n'aura pas hésité longtemps avant que de trahir sa promesse solennelle de soutenir le vainqueur de la primaire socialiste, cent fois donnée mais sans foi reprise.

François Fillon ne songe déjà plus à son engagement si imprudemment contracté de se retirer de la compétition en cas de mise en examen par une autorité judiciaire à qui il accordait il y a encore peu une touchante confiance.

À une autre époque, la trahison de la parole donnée aussi publiquement aurait entraîné le discrédit perpétuel.

Mais c'était une époque où la perte de son crédit signifiait la faillite financière, et où celle-ci entraînait la banqueroute morale.

César Biroteau songeait au suicide pour ne pas avoir réglé ses créanciers. Aujourd'hui, le dépôt de bilan est un mode de gestion banalisé. Et un Benoît Hamon préconise fièrement le non -paiement de la dette nationale.

Nos enfants piratent les œuvres artistiques d'autant plus innocemment, que nombre des films et des clips qu'il regardent sans payer font l'éloge des escrocs ingénieux ou des braqueurs audacieux.

Notre personnel politique contemporain est donc moderne. On ne peut perdre un crédit que l'on ne possède plus.

Mais le plus moderne d'entre tous, et fier de l'être, s'appelle Emmanuel Macron. Que certains s'amusent à le nommer Macreux, qu'ils n'arrivent pas à l'imaginer atteindre l'Olympe républicain en raison de l'inconsistance de son discours prouvent qu'ils en sont restés à la période antique.

D'abord, parce qu'en la circonstance d'un second tour qui l'opposerait à la candidate du réel tellement brut qu'il en devient grossièrement brutal, il lui suffit de gagner par défaut.

Dès lors, il lui reste à ne pas commettre de faute majeure difficilement imaginable. Et le défaut de consistance devient une qualité.

Le succès du candidat évanescent rappelle, par certains aspects, celui de Stéphane Hessel lorsque celui-ci il y a six ans écrivait Indignez-vous! , ce non- livre au succès planétaire, dont j'expliquais dans mon Vieil homme m'indigne (2012) que, précisément, son invraisemblable réussite résidait dans son absence absolue de toute idée et dans le sourire faussement sincère et généreux de son vénérable auteur.

De la même manière, le jeune faussement candide candidat du mondialisme, du multiculturalisme, l'enfant forceur de portes grandes ouvertes sur le large, le démolisseur des méchants murs, le dénonciateur sans frontières de crimes contre l'humanité imaginaires, celui qui croit toujours à la possibilité d'une île, fusse en Guyane, puise sa consistance dans l'inconsistance de son propos effervescent.

Il est des bulles spéculatives qui n'éclatent que trop tard.

Dans cet ouvrage précité consacré au triomphe de l'imposture hesselienne, je m'essayais aux fascinantes et mystérieuses découvertes de la physique moderne .

Je révélais que le Centre Européen de Recherche (CERN) de Genève venait de réaliser un prodige: capturer du «rien» ou plus exactement de l'antimatière pendant une durée assez longue pour pouvoir l'observer. Les atomes d'antimatière sont, par principe, inobservables. Ils s'annihilent au contact de la matière en un flash d'énergie instantanée. Il y a près de 14 milliards d'années, au moment du big-bang, on suppose qu'il y avait autant de matière que d'antimatière. Sans qu'on puisse réellement l'expliquer scientifiquement, la matière a gagné la bataille. Dans le cas contraire, nous ne serions pas là pour nous poser la question, puisque notre monde est matière.

Ou plus exactement, notre monde était matière, avant que, avec l'intrusion des médias, il devienne de plus en plus virtuel.

Je n'ai aucun doute qu'Emmanuel Macron incarne à la perfection le parfait candidat médiatique. Il représente doucereusement la revanche douloureusement terrifiante de l'antimatière. Celle du virtuel sur le réel.

Avec lui, les questions des dangers mortels de la criminalité, du terrorisme, de l'immigration, des migrations ou de l'islamisme ne seront pas posées. Car la mort n'existe pas. Chez les adeptes du hors-sol et du hors-temps dont il est le champion gazeux et merveilleux, il n'y a rien qui pose réellement problème.

Il n'y a ni juifs ni Grecs chez ce nouveau Paul pote adorable, hybride et incolore . Ni passé , ni présent mais seulement un avenir radieux.

Il n'y a pas d'identité ni de de culture françaises , il n'y a pas de continent, il n'y a pas de contenant, il n'y a que des iles, des êtres gentils et du néant.

Il n'y a plus matière à s'inquiéter.

Il n'y a plus de parole à espérer , rien qu'un verbe éthéré à respirer.

Le combat de l'ingrat réel contre le gentil virtuel est un combat existentiel. Et il n'est pas gagné.

Gilles-William Goldnadel : « Emmanuel Macron, bravo l'artiste ! »

  • Par Gilles William Goldnadel
  •  
  • Publié le 09/05/2017 à 13:00
Gilles-William Goldnadel : « Emmanuel Macron, bravo l'artiste ! »

 

FIGAROVOX/CHRONIQUE- Pour Gilles-William Goldnadel, la victoire d'Emmanuel Macron est une victoire artistique, médiatique et esthétique.


Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.


Il n'est pas interdit, ni irrévérencieux de crier: Bravo l'artiste!

Car la victoire d'Emmanuel Macron est avant tout artistique, médiatique et esthétique.

Elle aura été scénarisée de main de maître communicant, à l'instar de cette traversée pharaonique du Carrousel du Louvre sur fond d'hymne européen joyeux et d'éclairages mystérieux.

Le monde virtuel existe. Il influence les esprits. Il les séduit. Il les galvanise. Il les télé-transporte. Il les effraie. Il les impressionne. Il les intimide. Il les embellit. Il les contraint. En ce sens, il peut agir sur le réel électoral.

Il n'est pas sérieusement contestable que l'ensemble quasiment unanime du monde médiatique français, à commencer par son service public audiovisuel, aura puissamment contribué à la victoire de l'ancien ministre de François Hollande.

Il est difficile de ne pas y déceler un soubassement idéologique au moins réflexe.

Au premier tour, en focalisant l'attention sur les problèmes judiciaires du candidat de droite, au détriment des sujets de sociétés controversés et sciemment occultés.

Au second tour, en contribuant au retour du débat névrotique autour de la seconde guerre mondiale, comme à la culpabilisation de ceux qui, taxés implicitement de collaborationnisme, refusaient de choisir entre l'erreur économique de l'une et l'horreur multiculturaliste de l'autre.

Cela n'enlève évidemment rien à l'audace et au talent du gagnant, ni aux errements et aux manquements de la perdante.

On notera, toutefois, que cette prégnance de l'influence médiatique idéologisée au détriment des droites ne fait toujours pas l'objet d'une véritable réflexion critique argumentée de la part de ses victimes, en dehors de malédictions aussi véhémentes que stériles.

La victoire de M. Macron, n'est pas seulement médiatique, elle est aussi esthétique.

Faire profession d'optimisme océanique est plus beau, plus populaire, plus gratifiant que de décrire de manière ingrate cette laideur du monde réel contre laquelle il conviendrait de se protéger ou de se colleter.

Le programme du jeune gagnant, sorte d'Obama blanc, misant sur sa verdeur, était aussi lisse que son visage juvénile qui lui servait d'affiche.

La seule véritable stratégie du candidat d'En Marche était de pouvoir donner la réplique gagnante à la méchante représentante officielle des vilains.

Celle du monde ingrat, qui marche lourdement avec ses gros sabots crottés sinon fourchus.

Il convenait pour y arriver, d'utiliser élégamment les creux et de remplir par l'air du temps, le vide sidérant laissé par un mentor définitivement déconsidéré par ses logorrhées vespérales, qui n'avait plus les moyens ni de le reconnaître ni de le déshériter.

Pas question donc dans le monde virtuel de raconter des histoires tristes avec des terroristes islamistes. Pas question, dans le décor en technicolor de dessiner des murs, des douanes ou des frontières.

Et encore moins des barbelés.

En ce sens, on peut effectivement encore décrire après sa victoire, M. Macron comme une bulle médiatique, n'ayant pas éclaté, mais, précisément, s'étant élevée grâce à sa légèreté.

La revanche, avais-je écrit dans une précédente chronique dans ces mêmes colonnes, de l'antimatière sur la matière, conformément aux dernières découvertes de la physique quantique.

Ce cadre enchanteur et utopique ne pouvait que séduire le monde artistique et cinématographique sans frontières dont le virtuel est la réalité. Un monde aérien de beauté, de légèreté, de paix et de volupté, qui ne connaît ni limites, ni fin, ni petitesse. Dans ce monde ironique, la poésie est politique et la politique, onirique. En ce sens, la victoire d'Emmanuel Macron est aussi la sienne.

Certes, la victoire artistique d'Emmanuel Macron , au-delà des dithyrambes de la presse internationale de papier, n'a rien de triomphal.

Le monde virtuel a eu beau agir sur le monde réel, la fâcheuse sphère électronique en a limité considérablement les effets.

Les foules, sans doute dans leur souvenir confus des meurtres de masse, n'ont pas eu le cœur à faire la liesse.

La parenthèse magique et anesthésique va bientôt se refermer.

Déjà, dans quelques jours, une autre consultation aura lieu, où la part artistique sera plus congrue.

La pleine saison va reprendre pour la délinquance et l'immigration forcée de masse, et l'islam radical comme la dette n'accorderont aucun délai de grâce.

Le multiculturalisme n'a pas encore définitivement gagné la partie, mais en dépit de l'opposition d'une majorité du pays, par la grâce médiatique et artistique, il n'a pas perdu.

Quand l'heure sera venue de lui dire vraiment non, c'est peut-être parce qu'il sera trop tard.