L’aile droite du PS part en guerre contre le gauchisme

Politique suisseLes modérés prônent l’économie de marché, la flexibilité du marché du travail et le libre-échange.

Les parlementaires nationaux Evi Allemann, Daniel
 Jositsch, Chantal Galladé et Pascale Bruderer.

Les parlementaires nationaux Evi Allemann, Daniel Jositsch, Chantal Galladé et Pascale Bruderer.Image: Arthur Grosjean

 

A Zurich, la guerre est ouverte entre l’aile droite et l’aile gauche du parti socialiste. Le président de la section, Daniel Frei, vient de rendre son tablier. Il n’en peut plus des gauchistes du parti qui lui pourrissent la vie et celle du conseiller d’Etat socialiste Mario Fehr. Il dénonce une dérive sectaire au sein de l’aile gauche.

On n’en est pas encore là au niveau national mais le malaise grandit. Ce lundi à Berne, l’aile modérée du PS, représentée notamment par les conseillers aux Etats Pascale Bruderer et Daniel Jositsch, est sortie du bois pour présenter ses valeurs. Elle déplore que «l’image du PS dans la population soit fortement influencée par le courant franchement gauchisant». Bruderer a décidé de créer une plate-forme des modérés quand le parti s’est avisé de «dépasser le capitalisme».

Effrayé par le JUSO

«Certains de nos membres ne se reconnaissent pas du tout dans cette rhétorique de combat», explique Yves Balmer, président de la section argovienne. «Le PS, pour devenir plus fort, doit faire des compromis et convaincre des gens au centre». Le jeune Tobias Wiederkehr, de la section bâloise, constate que le JUSO a une bonne capacité de mobiliser les jeunes. «Mais moi, il m’a effrayé. Et j’ai adhéré directement au PS». La dizaine d’orateurs présents à la conférence de presse se succèdent pour prôner des solutions pragmatiques plutôt qu’une guerre idéologique.

L’aile modérée veut cependant marquer son territoire. Elle défend l’économie sociale de marché. A savoir la libre concurrence, et l’intervention de l’Etat uniquement quand cela dysfonctionne. Elle veut à la fois un marché du travail flexible et une bonne sécurité sociale. Enfin elle se prononce pour le libre-échange et contre le protectionnisme. Elle ne dit rien sur la migration. A noter aussi qu’aucun poids lourd romand ne fait partie de ces «réformistes».

Ancien patron des CFF

Ce programme, qui est en construction via une plate-forme internet jusqu’à la fin mars, entend fédérer les modérés du parti. Mais pas question de sortir du PS ou d’entrer en guerre frontale avec les gauchistes. Jositsch et Bruderer répètent qu’il s’agit de construire un PS avec un large spectre politique. Benedikt Weibel, l’ancien patron des CFF, a apporté son soutien au mouvement avec une phrase qui va faire grincer des dents: «Je suis social-démocrate et pas socialiste».