Les efforts du président américain Donald Trump pour raviver le processus de paix entre Israël et les Palestiniens a créé une compétition entre deux milliardaires juifs américains, proches du président et dont les opinions s’opposent, a indiqué le New York Times.

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Ronald S. Lauder, ami de longue date du président, pousserait Trump à proposer une nouvelle initiative de paix tout en renforçant les relations avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Lauder a organisé un dîner pour Abbas à son domicile de Washington, D.C., mardi soir, à la veille de la rencontre chaleureuse entre le dirigeant palestinien et le président à la Maison Blanche.

De l’autre côté, le magnat des casinos Sheldon Adelson, l’un des plus gros donateurs de la campagne électorale de Trump connu pour être proche du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Adelson s’inquiéterait de ces voix qui exhortent Trump à adopter une approche plus mesurée du conflit au Proche Orient, plutôt que la position fermement pro-Israël qu’il a défendue pendant sa campagne.

Le Times a souligné que les conservateurs mal à l’aise avec les ouvertures de Trump envers les dirigeants palestiniens ont toujours le sentiment que son approche est une amélioration considérable de celle de l’ancien président Barack Obama.

Et pourtant, la bataille pour l’oreille du président fait rage en coulisses.

Le président de
 l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à droite, avec Jason Greenblatt, conseiller et envoyé spécial du président américain pour les négociations internationales, au bureau d'Abbas à Ramallah, en Cisjordanie,
 le 14 mars 2017. (Crédit : WAFA)

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à droite, avec Jason Greenblatt, conseiller et envoyé spécial du président américain pour les négociations internationales, au bureau d’Abbas à Ramallah, en Cisjordanie, le 14 mars 2017. (Crédit : WAFA)

Lauder serait en contact étroit avec Jason Greenblatt, envoyé spécial de Trump pour la paix au Moyen Orient, qui a rencontré Abbas et Netanyahu, ainsi que des dirigeants arabes et d’autres responsables régionaux qui ont de l’influence sur le processus de paix. Les tenants de la ligne dure seraient inquiets que Greenblatt ne se rapproche trop de la position arabe.

Adelson, pour sa part, serait furieux que Trump n’ait toujours pas tenu sa promesse de déplacer l’ambassade américaine en Israël de Tel Aviv à Jérusalem, et n’a donné d’argent à aucune organisation pro-Trump depuis l’investiture de ce dernier.

Trump n’a pas encore exclu la possibilité que l’ambassade soit déplacée. Il doit décider d’ici juin de renouveler ou non l’exemption présidentielle de longue date apposée à une loi adoptée en 1995 par le Congrès américain pour déplacer l’ambassade.

Stephen Bannon, stratège en chef de Trump, représenterait les intérêts d’Adelson dans le cercle intime du président, et se bat lui-même pour empêcher l’enthousiasme de Lauder pour une action audacieuse de contaminer le président.

Interrogé par le Times, un proche de Lauder a démenti essayer de promouvoir une alliance avec Abbas, mais a indiqué qu’il était optimiste.

 Le président américain Donald Trump, à gauche, félicite son conseiller Stephen Bannon après l'investiture des hauts responsables dans la salle est de la Maison Blanche, le 22 janvier 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

Le président américain Donald Trump, à gauche, félicite son conseiller Stephen Bannon après l’investiture des hauts responsables dans la salle est de la Maison Blanche, le 22 janvier 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

D’autre part, les tenants de la ligne dure, opposés à une nouvelle initiative de paix, sont fièrement pessimistes, disant que toute ardeur de l’administration pour promouvoir le processus de paix sera bientôt mouchée par les réalités de la politique régionale.

« L’administration va probablement découvrir ce que ses prédécesseurs ont appris : il n’y a pas d’accord à conclure maintenant parce que les parties ont des positions irréconciliables sur la plupart des sujets », a déclaré le stratège républicain Noah Pollak au Times.

Il a exprimé l’espoir que « le processus de l’administration pour se prouver qu’aucun accord n’est possible sera rapide et peu spectaculaire. »