PUBLIÉ PAR GILLES WILLIAM GOLDNADEL LE 9 MAI 2017
 

Ordinairement, je suis bon public. Je ne boude pas l’enthousiasme communicatif. Je ne suis pas ménager de mes applaudissements. Mais là, c’est un peu compliqué.

J’ai assisté à la pièce au milieu de la scène et du parquet. Dans la cuisine, comme dans le cabinet. Qui sentait le renfermé.

Le hors-d’oeuvre du premier tour qui tenait du chef-d’œuvre du tournemain. La mayonnaise aura bien pris. Avec les œufs cassés Justice vivement fouettés et une grosse pincée de moutarde médiatique qui piquait les yeux du spectateur jusqu’à l’aveugler. Le soir du premier tour, voici que le vaincu à qui l’on avait taillé un costard et offert quelques complets, croyait moralement indispensable et politiquement avisé d’appeler à voter pour le premier bénéficiaire de l’entourloupe, au risque d’entraîner son camp dans l’exode et la démobilisation.

À peine, avions-nous entamé le second plat, que le hors-d’oeuvre frelaté était déjà digéré.

Tant mieux, car nous n’avions encore rien avalé de force et avec un entonnoir. Triste époque où les oies sont protégées du gavage, mais pas l’électeur que l’on peut pigeonner.L’antifascisme militant était de retour pour terrasser la bête immonde. Et l’utilisation de la solution finale me restait sur le coeur.

Ceux qui déclaraient ne pas vouloir choisir entre l’erreur économique et l’horreur multiculturaliste , étaient tenus pour collaborateurs. Et dans ce combat, la nouvelle résistance antifasciste était plus fasciste que les anciens faisceaux.

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Les seuls opposants, qui, vaguement encore pouvaient s’exprimer sans trop craindre la tonsure, étaient les enragés collectivistes qu’on voulait ménager.

Les deux master- chefs rivalisèrent en pays amiénois, pour savoir qui obtiendrait les meilleures grâces des syndicats fossoyeurs de l’industrie française, sous l’oeil attendri de l’opinion captive.

Il y eut, enfin, l’explication finale ou celle qui fut mauvaise devint catastrophique, par décret de disgrâce médiatique.

Car en vérité,  preuve est faite que les médias épris sont plus forts que la facheuse sphère.

Si d’aventure, la France républicaine existe encore dans cinq ans. Si l’islam radical n’a pas encore triomphé définitivement dans les têtes manipulées ni n’en a trop coupées, si l’invasion massive n’a pas définitivement subjugué les forces politiques, je préconise de disqualifier d’avance tout candidat ayant le front d’être patriote.

Ce sera sinon plus français, au moins plus franc. Je crois  Macron jeune plus proche de Salieri l’ancien que de Wolfgang. Mais je commande quand même  un requiem pour le pays.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel. Publié avec l’aimable autorisation de Valeurs actuelles.