PUBLIÉ PAR GUY MILLIÈRE LE 5 JUILLET 2017

Tant d’éléments montrent chaque jour la dérive totalitaire de l’Europe qu’en faire la liste impliquerait bien davantage qu’un article. Néanmoins, parfois, des éléments de cette dérive se révèlent plus scandaleusement symboliques et plus abjects.

Un dossier a attiré mon attention ces derniers jours. Il fait les gros titres dans le pays où je vis, les Etats-Unis, mais se trouve relégué dans les nouvelles sans importance en Europe.

Un petit garçon né en parfaite santé il y a onze mois s’est révélé depuis atteint d’une maladie rare et très grave aux conséquences potentiellement irréversibles (syndrome d’épuisement de l’ADN mitochondrial), et que la médecine en Europe ne sait pas soigner.

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Une thérapie expérimentale existe aux Etats-Unis qui a donné des résultats sur des patients atteints de la même maladie. Les parents du petit garçon n’ayant pas les moyens de payer le transport médicalisé du petit garçon et son traitement aux Etats-Unis ont procédé à une collecte de fonds et disposent de l’argent nécessaire: soigner le petit garçon n’est donc plus une question d’argent, et ne coûterait rien au système de santé ou au contribuable britannique.

L’hôpital où le petit garçon est soigné a refusé de rendre le petit garçon à ses parents et, de fait, l’a gardé prisonnier, ce qui est une façon de le condamner à une mort certaine.

Les parents ont saisi la justice, qui leur a donné tort, a donné raison à l’hôpital et les a déchu de leur autorité parentale, nommant un tuteur pour le petit garçon, et le tuteur et la justice ont considéré qu’il fallait laisser le petit garçon mourir à l’hôpital.

Les parents ont procédé à un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme, qui s’est rangée à l’avis de la justice britannique.

Les parents en ont appelé au Vatican qui, après avoir tergiversé, a défendu le caractère sacré de la vie. Ils ont fait appel à la presse britannique et, devant le scandale, la Cour européenne des droits de l’homme a demandé que la mise à mort du petit garçon soit retardée de quelques jours.

La justice britannique crée un précédent très grave et retire à des parents la responsabilité et le droit de prendre soin de leur enfant. La Cour européenne des droits de l’homme a entériné ce précédent.

En quelque sorte, la vie d’un individu en Europe peut appartenir au gouvernement, qui peut décider quoi faire d’une vie innocente de manière totalement arbitraire

Ce précédent porte atteinte très gravement, comme le Vatican a fini par le dire, au caractère sacré de la vie et au respect pour celle-ci. Il porte atteinte au droit des parents de soigner leur enfant (strictement rien ne montre que la thérapie américaine entraînerait des souffrances pour le petit garçon) et dit en quelque sorte que la vie d’un individu en Europe peut appartenir au gouvernement, qui peut décider quoi faire d’une vie innocente de manière totalement arbitraire.

La vie d’un être humain est sa propriété la plus précieuse. Des parents ne doivent pouvoir être déchus de leur autorité parentale que s’ils se révèlent de manière vérifiable dangereux pour leur enfant.

Il y a dans ce dossier une dimension soviétique: des parents sont déchus de leur autorité parentale sans le moindre motif. Le droit d’un enfant d’être soigné ailleurs est nié. Un enfant peut se trouver condamné à mort par décision arbitraire d’un tribunal et d’une “Cour des droits de l’homme” qui, décidément, porte très mal son nom.

Je vis dans un pays où un être humain est propriétaire de lui-même, où l’autorité parentale est respectée, où le droit de se soigner est respecté lui aussi et où l’idée que la vie d’un individu peut appartenir à un gouvernement qui aurait arbitrairement droit de vie et de mort suscite l’indignation immédiate. Cela fait partie de multiples raisons qui m’ont fait choisir les Etats-Unis.

Que le dossier de ce petit garçon ne soit pas à l’origine d’une réaction de révolte très vaste en Europe me semble profondément inquiétant.

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Faute de pouvoir emmener leur petit garçon être soigné aux Etats-Unis, et sachant qu’il est prisonnier de l’Europe telle qu’elle est, les parents du petit garçon, qui s’appelle Charlie Gard, ont demandé, au moins, qu’il puisse mourir chez eux. Cette demande élémentaire a été rejetée. Le petit garçon a un tuteur qui est censé parler au nom du petit garçon qui n’est pas en âge de parler lui-même, et le tuteur dit que la “dignité” du petit garçon implique qu’il meure à l’hôpital.

George Orwell n’avait pas imaginé une situation de ce genre. Elle serait pourtant digne de l’univers décrit dans 1984.

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