Alimentation : des nanoparticules présentes dans certains bonbons et gâteaux industriels

>Société|S. A.|24 août 2017, 10h02|4

Dans la boutique M&M's, à New York. Selon les tests de 60 Millions de Consommateurs, le dioxyde de titane sous forme de nanoparticules représentent 20% de l'additif dans les célèbres dragées multicolores. 

SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
 
 
S. A.
 

Les sucreries du commerce contiendraient un additif en nanoparticules, dénonce une étude publiée par 60 Millions de Consommateurs ce jeudi.

Les sucreries produites industriellement pourraient être néfastes pour la santé. L'additif E171 ou dioxyde de titane y est présent, sous forme de nanoparticules, sans que ce soit spécifié. C'est ce que dénonce le magazine 60 Millions de Consommateurs, qui s'inquiète des effets sur la santé et déplore l'opacité des industriels dans son édition de septembre. Une alerte déjà lancée par des ONG par le passé.  


«100 % des bonbons et gâteaux que nous avons testés contiennent du dioxyde de titane sous forme « nano ». Contrairement aux dires des fabricants», déplorent-ils, suite à une étude faite sur 18 produits. Cible des tests pratiqués dans l'enquête de «60 Millions» (publication de l'Institut national de la consommation), l'additif E171 ou dioxyde de titane est composé en partie de nanoparticules. Il est utilisé communément dans l'industrie agro-alimentaire et cosmétique pour blanchir confiseries, plats préparés et même des dentifrices.

 

 
Alimentation : des nanoparticules présentes dans certains bonbons et gâteaux industriels
 
 
 
 
 

 

 

«50 000 fois plus petite qu'un cheveu»

 

Ses propriétés sont optimisées sous la forme nano, soit 50 000 fois plus petite qu'un cheveu. Cette état nano pose question pour la santé : il passerait plus facilement les barrières physiologiques, selon l'association. «Lorsqu'une substance étrangère s'immisce au sein-même d'une cellule, on peut évidemment supposer qu'il peut y avoir des dégâts, en tout cas un dérèglement de certaines de ces cellules», explique Patricia Chairopoulos, co-autrice de l'étude, reprochant aux industriels concernés, sinon de mentir, pour le moins de faire preuve de «manque de vigilance» et de «manque de rigueur».

 


Sur les 18 produits sucrés testés par 60 Millions, du dioxyde de titane sous forme de nanoparticules a été retrouvé systématiquement, mais dans des proportions variées : il représentait de 10% à 100% de l'additif présent dans ces différentes sucreries, parfois célèbres, des biscuits Napolitain de Lu (12%) aux gâteaux glacés Monoprix Gourmet (100%), en passant par les dragées M&M's (20%). Une fois encore, la présence d'E171 apparaît clairement sur les étiquettes, mais jamais la mention nanoparticules, selon l'association.



Or, si cet additif en lui-même ne présente pas de danger particulier sous forme microscopique, sa présence à l'état nano est plus problématique, souligne Patricia Chairopoulos. «On ne sait pas grand-chose sur cette forme nano. C'est ça qui nous pose problème, d'autant plus qu'une étude récente de l'Inra est parue en janvier 2017, qui entraîne un peu de suspicion», explique-t-elle.

 

E171 : zoom sur la nano-inquiétude

En juin 2016 déjà, l'ONG Agir pour l'environnement avait alerté sur la présence de nanoparticules, dont le dioxyde de titane, dans de nombreux produits alimentaires, et notamment dans plus d'une centaine de confiseries où ils n'étaient pas signalés sur les étiquettes.


L'étude de l'Inra en 2017 conclut que l'exposition chronique au E171 favorise la croissance de lésions pré-cancéreuses chez le rat. Néanmoins, elle ne permettait pas une extrapolation à l'homme, avait indiqué un auteur de l'étude de l'Inra.


L'Anses (Agence nationale de Santé) a été saisie en janvier par les ministères de l'Economie, de la Santé et de l'Agriculture pour déterminer si ce produit «présente un éventuel danger pour les consommateurs», après la publication de cette étude.


Une évaluation par l'agence du cancer de l'OMS avait conduit à classer le dioxyde de titane comme cancérogène possible pour l'homme en cas d'exposition professionnelle par inhalation, avait toutefois rappelé l'Inra.

  leparisien.fr